Quelqu'un écrit une opinion douteuse, une pseudo-vérité de comptoir, une excuse en carton. Dans les réponses, une image revient : un homme sur un plateau de télévision, l'air grave, et cette phrase.
« Il a pas tort. »
C'est le mème « Il a pas tord » de C'est mon choix, un extrait de l'émission de Chérie 25 devenu au fil des mois un simple tampon d'approbation ironique. Voici ce que l'on peut établir de son parcours, et ce qui reste flou.
Un plateau, une phrase, un épisode
L'extrait vient de C'est mon choix, le talk-show quotidien de Chérie 25, présenté par Evelyne Thomas, où des invités viennent défendre des comportements ou des choix de vie face à un plateau qui réagit. Selon l'explication publiée par Konbini, la séquence provient de l'épisode intitulé « Si tu grossis, je te quitte ! ». Une jeune femme prénommée Carolina y raconte comment les remarques de son compagnon ont dérapé ; un autre invité répond alors, d'un ton posé : « Il a pas tort ».
Ce qui fait le mème, c'est moins la phrase que le décalage. Elle est prononcée avec un sérieux total, au milieu d'un débat où l'on s'attendrait à plus de nuance. Les internautes n'ont eu qu'à isoler le visage de l'homme et le moment de la réplique.
Le passage de TikTok à Twitter
D'après Konbini, la tendance commence quelques semaines plus tôt sur TikTok, où le mot-dièse dédié dépasse les 156 000 vues. Elle migre ensuite sur Twitter, où les utilisateurs remontent le clip en versions dessinées, abstraites ou parodiques. Un compte de référence des mèmes francophones, le Répertoire à meme, publie son propre « Il a pas tort (c'est mon choix) » le 31 octobre 2021 : le format est donc installé à l'automne 2021 au plus tard.
Konbini ne donne pas, dans ce que nous avons pu consulter, la date de diffusion de l'épisode d'origine : mieux vaut donc ne pas en avancer une.
Une expression plus ancienne que le mème
Piège classique : la formule elle-même est banale, et elle précède l'extrait. Dès février 2016, un tweet du compte officiel de l'émission, au sujet d'un débat sur la tenue des femmes (« Un homme, il voit une fille en jupe, il veut passer la nuit avec »), recevait des réponses du genre « Il a pas tort… ». Le plateau de C'est mon choix fournissait déjà, comme beaucoup de talk-shows de la TNT, de quoi nourrir les commentaires ironiques.
Ce qui change en 2021, c'est le support : une vidéo courte, un visage, un timing. La phrase devient réutilisable en un geste, comme beaucoup de répliques de cette émission. C'est le même terreau qui a donné « Je suis pas venue ici pour souffrir, OK ? », dont nous avons raconté l'histoire et le dépôt à l'INPI de sa punchline.
À quoi sert-il aujourd'hui ?
Le mème s'est détaché de son contexte. Sur TikTok, des vidéos récentes appliquent encore « il a pas tort » à des contenus sans aucun rapport avec la télé-réalité : un streamer qui lâche un avis tranché, un commentaire de match, une vidéo de conseils douteux. Le ressort reste le même : valider avec solennité ce qui ne mérite pas de l'être.
Autre usage fréquent : la réponse de second degré, quand on veut donner raison à quelqu'un tout en lui signalant qu'il vient de dire une absurdité. Il est donc proche d'autres réactions issues de l'émission, comme la séquence « C'est mon choix » brute, souvent utilisée pour assumer une position sans la justifier.
Ce qu'il faut retenir
- L'extrait est issu de C'est mon choix (Chérie 25), épisode « Si tu grossis, je te quitte ! ».
- Le format a pris sur TikTok puis sur Twitter, et existe sous cette forme depuis octobre 2021 au plus tard.
- La formule est plus ancienne que le mème : c'est l'image qui l'a rendue virale.
Si vous avez retrouvé la date de diffusion exacte de l'épisode, elle manque à l'histoire, et c'est précisément le genre de détail qui se perd quand un extrait circule sans sa source.





